Le titre, c’est
juste bien sûr pour essayer honteusement de créer du buzz en dopant
outrageusement l’audience de ce blog (déjà très nombreuse bien sûr).
Non, sérieux.
Mercredi matin, je me suis réveillée avec une compulsion énorme (rien de cochon, ni de médical, hein, vous pouvez retirer les mains de devant les yeux).
Non, une compulsion/ révélation genre : « j’ai un mariaaâââââââge très chic ce week end et rien (de neuf) à me mettre ». Bien sûr, des robes de mariage, j’en ai 12 (avec des couleurs trop subtiles en plus, comme dans Peau d’Ane). Mais une robe à la mode, quoi.
Alors j’ai mis ma tenue de combat : collant noir gainant jusque sous les aisselles (rah, quoi ?), ballerines (que même si je marche 3 heures, j’ai pas un gros oignon après et je dois pas rentrer en taxi alors que je suis à 2 stations de chez moi et en plus Phil refuse de me plaindre pour ce genre de motifs, pff), robe déhoussable (hop, je l’enlève, zip je la remets, hop, je me tire de la cabine maudite avant que la vendeuse ne vienne me donner son avis en live) et pas de maquillage (comme ça chuis moche dans la glace mais c’est normal, chuis pas maquillée).
Puis j’ai couru aux Galeries Lafayette (qui sont un peu mon Wonderland, surtout avec l’ouverture de l’espace Chaussures au sous-sol) : c’est beau, ça brille, y’a de la fringue, du maquillage, des sacs partout, ca sent l’argent, la surconsommation, le luxe, l’artificiel, les nouveaux riches russes, bref j’adore, je kiffe. Aheum.
J’étais entrainée, organisée, équipée. Ah mais.
J’ai sauté d’un pas léger (rah, quoi ?) dans l’escalator, me suis arrêtée au 2e étage. Et ai bravement commencé le tour du Cirque. Je voulais une robe plutôt foncée, jolie et dans une taille qui ne commence pas trop par 3.
Passé le premier tour, j’avais vu un PAQUET de robes à épaulettes très Michael, cintrées, collantes, ras la culotte. Le genre de truc qui me va comme des moufles à un canard. J’avais discuté avec un vendeur qui m’avait dit tout de suite « on ne dépasse pas le 40 et on taille TOUT petit » (=trad : « dehors, gros boudin, tu vas faire fuir les sauterelles »). J’avais essayé des robes très 80’s (façon Sexy People), des prom dresses violettes (j’avais l’air de jouer dans Arabesques) et pu contempler mes bourrelets, mes boutons, ma moustache de très près dans des cabines dont les glaces étaient éclairées au néon, bref j’avais le moral dans les ballerines, voyez. Ma tête a commencé à tourner : dans chaque corner, chaque boutique, la même vendeuse famélique, perchée sur son comptoir et ses 12 cm comme une harpie… Me demandaient du bout des lèvres si elle pouvait m’aider, un sourcil levé (« ah madame mais nous n’avons rien pour vous ici »).
Alice, dans un forêt de portants et de cintres, cherchant à échapper à des créatures malfaisantes, lui criant comme des crécelles « Dehors, dehors, vilain sac, vilain monstre, hors de notre vueeeeeeeeeeeeeeeeee ».
La mode et moi. La mode ne m’aime pas. La mode me rejette. J’irai à ce mariage en tunique. Avec un legging.
J’ai refait un tour, par bravade, comme le vieux cheval, au cirque son tour d’honneur.
Et là, au loin, sur un portant, je l’ai vue. Une robe très très cintrée à la taille, coton très rigide, noire, encolure bateau trèèèèèèès évasée sur les épaules. J’ai tenté le coup, le dernier coup, avant d’abandonner. Il y avait ma taille. Le zip a glissé dans un enchantement vers mon cou. Je suis sortie de la cabine, n’osant regarder la grande glace. J’étais jolie dedans. Voire mieux, j’avais du chien. Mais surtout, il y avait à mes côtés une vendeuse blonde, douce, fraiche et bienveillante, qui s'extasiait. Et regrettait comme moi toutes ces robes immettables. Et elle, elle qui était si belle, avec son nœud noir et ses grand yeux. J’avais reconnu une sœur.